Discouragement

By | December 13, 2006

Sisyphus is tired of the poetry crowd today. Tired.

0 thoughts on “Discouragement

  1. gabriel Post author

    n’importe quoi votre texte!!

    quand il parle du père, c’est bien de la “figure protectrice”, un symbole en somme, non un père avec des cheveux gras, plein de poils au torse, la clope au bec etc!
    Bonnefoy parle de la “présence d’UN père” (non DU père)!

    un guide spirituel…(Dieu, son père, ET, étoile Maison, un gremlins! bref! ce que tu veux! mais tu ne vas pas lui empêcher ça à la pauvre MDV??)

    en quoi les propos cités seraient-ils sexistes????

  2. gabriel Post author

    j’espère ne pas être trop encombrant mais un propos me gêne : ““Ils [les poèmes] ont d’ailleurs quelquefois déjà une aisance du rythme […], qui sont la joie même de l’esprit vivant non pas l’immédiat, j’ai dit qu’il n’y en a pas, mais les grandes médiations simples qui constituent une terre.” Vous dites ne pas comprendre ce qu’il entend par “grandes médiations simples”.

    Je pense qu’il faut partir de la base : Bonnefoy est un poète de la terre, de “l’arrière-pays”…bref! de lieux où l’on peut encore espérer (chimère bien sûr mais c’est la cause de la poésie) trouver une “originellité”!
    un lieu fait de chemins, de directions mais non plus “cadastrés” : il faut s’imaginer dans un lieu où ne passe aucune route…un lieu presque “vierge” qui regorge de multiples directions ; au poète d’y conférer un sens!
    c’est ce qu’entend (il me semble) Bonnefoy par le terme “simples”!
    Stétié fait souvent référence au “jardin” (chimérique mais qui est élément de sens à sa poésie)!
    je pense qu’il y a chez Bonnefoy cette intuition à la différence que chez Bonnefoy, le jardin ne serait pas fermé bien ouvert à toutes les voix (les voies)!
    non plus un jardin mais la terre même!
    essayer de s’imaginer dans un lieu hors de toute géographie, de tous noms : le lieu tel qu’en lui-même (c’est peut-être là l’héritage des surréalistes) ; lieu qui justement prend en charge l’immédiateté (celle eidétique des surréalistes) pour l’étaler dans l’espace : remplacer l’instant “vierge” par l’espace “vierge”.

    ainsi, le poète n’est pas renfermer dans l’urgence (Bonnefoy est à l’opposé de l’urgence) mais se crée un espace médiateur (que ne permet pas l’instant).

    Le mot “grandes” participe de cette ouverture : le temps est réellement prise en charge par l’espace ; il y éclos – il en éclot même -, s’y rétracte, se couvre de neige…le temps est lieu

  3. Olivier Post author

    J’avoue être heureux de trouver quelqu’un encore capable de critiquer un “ponte”. Je suis toujours aussi fatigué par toutes ces logorrhées barbantes qui ont (avec quel brio ! ) séparé le grand public de la poésie, à coup d’écrits secondaires où chacun est heureux de faire entendre les étincelles puériles de sa fatuité dans des lignes vaniteuses, où l’on ne trouve, que çà et là, un bout de noiseete à faire craquer sous la dent. Tout cela pour faire de la poésie une énigme et la conduire à n’être plus qu’un petit refuge aux airs de cotteries… Cela aurait plu à Mallarmé, mais pour ma part, Mallarmé ne m’a pas plu.
    A l’époque, je me demandais, en tant qu’étudiant, s’il n’y avait pas une collaboration tacite entre ma professeur et ce dernier, afin de nous le faire acheter. Pourquoi ne pas lir eplutôt du Neruda…
    Je n’dirais pas que M. Bonnefoy n’est pas poète, mais il n’a pour moi rien de plus qu’un Claude Roy, si ce n’est une certaine suffisance opposée à l’humilité du second cité.

    J’ai appris par la suite que ma professeur était son ancienne maîtresse…
    Je ne sais si cela m’a influencé, mais j’ai finalement jeté son livre dans le caniveau.
    Après, les goûts et les couleurs, c’est une question de sensibilité comme on dit.

  4. Michael Post author

    Je ne crois pas tellement au “machisme” d’Yves Bonnefoy. Puis sa génération n’a pas été briffée comme la nôtre à la vigilance antisexiste!

    Non perso ce qui m’étonne ce sont toutes les professions de foi poétiques, car elles semblent souvent se suffire à elles-mêmes, et rarement se traduire dans le concret.
    Un exemple: dès que l’on évoque le rapport de la voix, de la profération, du son, et de l’écriture.

    “Le son est une matière, comme toutes les matières il a ses sculpteurs” dit Yves Jaigu l’homme d’audiovisuel.

    Mais le texte écrit? J’y pense souvent quand j’assiste à des lectures poétiques et je me dis que l’analogie est justifiée. Qu’un poète peut sculpter sa langue! Mais comme un être vivant.

    Mais comment concrétiser cette mise en corps? On ne peut pas faire des voeux pieux et se contenter de dire ce qu’il faudrait faire! L’hyperconscience linguistique qui caractérise ces dernières décennies interdit la croyance naïve dans les mots même dans les mots de la poésie!

    Belle citation d’Yves Bonnefoy : “La poésie ne peut plus se permettre d’être naïve, il faut qu’elle se protège de l’envahissement du conceptuel par une conscience de soi on ne peut plus avertie, et pour ce faire il lui faut revisiter et analyser sa propre histoire, il lui faut donc du savoir, de la philologie, seuls moyens de ne pas se retrouver à glisser à la surface des œuvres qui nous importent.”

    Oui difficile pour la poésie d’être à l’abri de ce glissement, difficile d’avoir cette conscience de soi on ne peut plus avertie :

    Citation de Louis Latourre : “Qui forment le poème, – ce sont bien moins les mots, qu’une mise en harmonie (dissonances incluses) des signes qui les portent ; qu’une mise en résonance des sons qui les composent. Qu’une redistribution (on espère inspirée), de graphèmes et de phonèmes choisis pour leurs aspérités, leurs appuis ou leurs points d’ancrage possibles. Par quoi le corps-à-corps littéraire et physique concrètement se vive ; et crée le relief – dynamique, rythmique, visuel et sonore – de tout le texte écrit.

    ‘Le corps lieu et salut du discours’ (Yves Bonnefoy).

    S’échappant de la feuille, sortant de l’écran plat, ce matériau graphique, cette matière pré-verbale consciemment exploitée, d’un discours puisé aux sources de son image et de son bruit, peuvent donner à quelque poésie de nouvelles façons et de nouvelles raisons d’être (celles d’être, notamment, autrement proférée).

    Concentration ouverte… Effort de résistance à l’attraction verbale, à ses automatismes, forgé aux profondeurs cachées de tout langage… « Contraction excentrique » – telle des muscles profonds qui bien que peu visibles, compensent constamment l’attraction terrestre et assurent la prestance, la stature déliée, mobile, et le bel extérieur. Par rééquilibrage intello-sensoriel, une poésie s’empêche de tomber dans les mots.

    Voilà remises en cause les normes lexicales, les routines syntaxiques… Et secoués les rites inconscients du discours intérieur constamment proféré et subi.

    Ce cri, ces contorsions de l’être ébloui d’être…

    Ce couloir vers le jour – dont certains choisissent de tailler la forme et la matière, – ne leur en voulons pas, ne leur disputons pas le corps de l’entreprise. Il se peut qu’ils en fassent une chambre d’écho, un lieu de résonance ou dissonance heureuse… Le bénéfice du doute serait… poésie.”

    En tout cas voilà de forts programmes, de hautes déclarations dont on aimerait bien voir où elles se concrétisent. Les lectures poétiques sont souvent le triomphe de l’ennui.