A Thought on Official Language (3): Une pensée sur la Langue Officielle (3)
Excerpt of a message I wrote to the Lucipo mailing list in its previous incarnation, in response to Kent Johnson, on Wednesday, September 6, 2006. “Thoughts on Official Language” spring from these and related reflexions on a (multi-?) bilingual poetics and the implications of Standardized grammar and language. See also, of course, James Sacré’s important book La poésie, comment dire? (Marseille: André Dimanche Editeur, 1993).
”’Translucination’ or ‘traduction’ etc are not uncommon—but I have only come across a few examples of self-translating bilingual poets. Most such poets tend to write in one language, and most present their ‘originals’ as such, and the translated version as a ‘translation’, etc, etc. None, to my knowledge, incorporate dual-language writing as integral to their art poetique, nor theorize it publicly. But I’d be just thrilled to be corrected on the matter. I might point you to a really great poem (I think) in Slope Magazine [...] by Ravi Shankar of Drunken Boat, written in a kind of pidgin: [Slope poem]. I like your [Kent Johnson’s] term “macaronic” especially because it implies writing outside of the language(s) of power (meaning sociolects of power, and not just idioms such as ‘English’ and ‘Spanish’). I feel that ‘official English’ still rules supreme, although sometimes invisibly or covered up with various rhetorical/theoretical alibis, in the US po-biz—for the most part. The resources of pidgin, substandard English, so-called ‘ebonics’, children’s language (see language acquisition theory for examples, it’s just gorgeous), dialect, ...the possibilities are endless. My guess is that most of those who try to exploit them tend not to hybridize them (once again, please, correct me): but how would an elderly british ebonic-speaking pidgin-influenced female English professor from the 17th century speak? Just think of the possibilities. Devenir minoritaire, yes. But inhabiting the margin doesn’t mean we have to think about the speaking only of (single) existent communities—what about multiple ones, imaginary ones?”
***
Extrait d’un message écrit (en anglais – je traduis) au Lucipo listserv avant sa fermeture au grand publique, en réponse à Kent Johnson, mercredi 6 septembre 2006. Mes “pensées sur la Langue Officielle” font partie de la même réflexion autour d’une poétique (multi-?) bilingue, et sur le rôle de la langue et de la grammaire normatives. Voir aussi, bien sûr, le livre important de James Sacré, La poésie, comment dire? (Marseille: André Dimanche Editeur, 1993).
”’Translucination’ ou ‘translation’ etc ne sont pas rares—mais je ne connais que peu d’exemples de poètes qui se traduisent eux-mêmes. Et la plupart de ces derniers présentent leurs “originaux” comme tels, et identifient de même leurs traductions, par l’usage de caractères italiques, par exemple, etc, etc. Aucun, que je sache, ne situe l’écriture en deux langues au centre de leur art poétique, ni ne la théorise de manière publique. Par contre, je serais ravi que l’on me dise le contraire. Je vous indiquerais en passant un très bon poème (enfin, je le trouve tel) dans la revue anglophone Slope [...] par Ravi Shankar de la revue Drunken Boat, écrit dans une sorte de pidgin: [Slope poem]. J’aime votre [Kent Johnson] terme “macaronique,” et surtout puisqu’il suggère l’écriture en dehors du/des langage(s) du pouvoir (je veux dire ces sociolectes du pouvoir, et pas seulement des langues telles que l’anglais, l’espagnol…). Je pense quant à moi que l’anglais—et le français—“standard” règne encore à peu près partout dans le monde de la poésie, bien que parfois d’une manière souterraine ou déguisée par différents alibis théoriques ou rhétoriques. Les resources du pidgin, du patois, du verlan, de la langue des enfants (voir la vaste étude de l’acquisition de la langue maternelle, par exemple, il y en a des échantillons superbes), des dialectes,... les possibilités sont infinies. Je dirais que la plupart de ceux qui tentent d’exploiter poétiquement ces langages tendent à ne pas en faire des hybrides ni des mélanges inattendus (encore une fois, dites-moi, je vous prie, le contraire): comment parlerait une dame âgée et britannique du 17ème siècle, si l’on y ajoute le verlan et le pidgin? Pensez-y. Devenir minoritaire, oui. Mais habiter les marges ne veut pas dire que l’on doit penser seulement en termes d’une seule communauté existante—quid des communautés multiples…ou imaginaires?
Oct 21, 17:47 by Alexander Dickow

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