Parodie du "Point noir" de Nerval

Le Comédon
Alexander Dickow

Quiconque a regardé sa face fixement
A vu dans le miroir souiller obstinément
Son minois innocent cette tache sordide.

Ainsi, tout jeune encore et déjà adipeux,
Sur ma gueule un instant j’osai fixer les yeux:
Un point noir est resté dans mon regard stupide.

Depuis, mêlé à tout comme un signe de deuil,
Dans chaque glace affreuse où se mire mon œil
Je le vois, ce visage à l’écorce luisante!

Quoi, toujours? Entre moi sans cesse et le bonheur!
Le pur éphèbe seul – malheur à nous, malheur! –
Aborde impunément la belle adolescente!

Le Point noir
Gérard de Nerval

Quiconque a regardé le soleil fixement
Croit voir devant ses yeux voler obstinément
Autour de lui, dans l’air, une tache livide.

Ainsi, tout jeune encore et plus audacieux,
Sur la gloire un instant j’osai fixer les yeux :
Un point noir est resté dans mon regard avide.

Depuis, mêlée à tout comme un signe de deuil,
Partout, sur quelque endroit que s’arrête mon œil,
Je la vois se poser aussi, la tache noire !

Quoi, toujours ? Entre moi sans cesse et le bonheur !
Oh ! c’est que l’aigle seul – malheur à nous, malheur ! –
Contemple impunément le Soleil et la Gloire.

Dec 7, 12:28 by Alexander Dickow
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