Notes: Notes
People often refer to translations as close or far from the text, but I believe such expressions misrepresent the translation process. The “closest” literal translation often results in a mutilation of the original; the terms “close” and “far” quickly lose any stability or revelance when examined closely. The most distant transformation appears the most exact and rigorous; the most natural equivalents as hideous betrayals. Or, both the “farthest” and “closest”, both the most and the least “faithful” translations display a barely perceptible discrepancy in relation to the original. Such translations lie somehow next to the text, as its refraction rather than its reflection.
Something similar might be said of my own work’s poetic style which is always a mistranslation (of what?), a lopsided, slanted version of something—although it cannot be set right. It has been said that a radical upturning of things (received ideas, for instance) may tend to confirm or reinforce those things, as in the relation of a reflected image to its object: but between an image and its symmetrical opposite lies a spectrum of fun-house variations. The most interesting to me—and the most distorted—, are those which seem at once the most and the least familiar: they are slightly off, skewed in a manner difficult or even impossible to pinpoint. I don’t think I’ve attained such an ideal of the grotesque (!?), but I do like to look for these wobbling half-tones, for jarring dissonances, for a language gone out-of-tune (language is always out-of-tune).
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In language, nothing lies closer to elegance, eloquence and mastery than does inelegance, ham-fisted bungling and ineptitude.
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I am often irritated by the reccurence of the word “surreal” or “surrealist” as it is used to describe poetries of verbal invention or marvelous imagery. This problem reflects the continued influence of the movement long after it has ceased to have more than an insignificant handful of champions in France (in the US, on the contrary, it unfortunately seems quite credible to profess a “surrealist” esthetic as such and unapologetically, and in a more rigorous sense—that is, as automatic writing). In France, critics and poets alike seem unwilling to recognize that Surrealism has cast a long shadow indeed; in the US the term is most often used in so vague a manner that it ceases to be useful. At most, applying the adjective does a grave disservice to the poets it describes: Try spending a Summer reading nothing but the Surrealists, and you’ll understand why. In short, Surrealism is enormously insignificant: as impossible to ignore as it is to revive.
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I can say with total certainty that my poetic style is in fact, perhaps, not a liberation nor a transgression of linguistic norms at all, but also in part a methodically regulated style, meticulously constructed idiom, composition according to spontaneously generated formal constraints.
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poets
prevaricate!
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On parle souvent d’une traduction proche ou éloignée d’un original, mais je pense que de telles expressions reflètent mal le processus de la traduction. Les traductions les plus littéralement “proches” produisent souvent une version mutilée; les termes “proche” et “éloigné” perdent rapidement toute pertinence et toute consistence lorsqu’on les examine de près. La version la plus lointaine paraît parfois la plus exacte et rigoureuse; les équivalents les plus naturels deviennent trahisons hideuses. Ou bien, la version la plus “lointaine” comme la plus “proche”, la plus fidèle comme la moins fidèle, portent la marque d’un écart presque imperceptible par rapport à l’original. De telles traductions se situent plutôt à côté de l’original, une réfraction de celui-ci, plutôt que son reflet.
On pourrait dire quelque chose de semblable à propos du style de mes poésies, qui est toujours une traduction (de quoi?) de travers, une version de guingois de quelque chose—bien qu’on ne saurait la “corriger”. On a pu dire que renverser l’ordre des choses tend à renforcer ou à réétablir ce qui a été renversé, tout comme un reflet reproduit son objet à l’envers. Mais entre l’objet et son image inversée il y a tout un spectre de variations de miroirs déformants. Les variations les plus intéressantes pour moi, et les plus déformées, ce sont celles qui ont l’air à la fois les plus familières et les plus étrangères: elles sont presque imperceptiblement faussées, difformes, mais d’une façon impossible à localiser. Je ne crois évidemment pas avoir atteint cet idéal du grotesque (!?), mais j’aime poursuivre ces phrasés bancals, ces dissonances déconcertantes d’un langage désaccordé (le langage est toujours désaccordé).
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Dans le discours, rien ne ressemble plus à l’élégance, à l’éloquence et à la maîtrise, que l’inélégance, la maladresse grossière et l’ineptitude.
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Je suis souvent agaçé par la récurrence de l’adjectif “surréel” ou “surréaliste” utilisé pour décrire des poésies d’invention verbale ou du merveilleux. Cette récurrence reflète l’influence persistente du mouvement alors qu’il n’a plus qu’une poignée de défenseurs (aux Etats-Unis, au contraire, il paraît encore admissible dans certains cas de revendiquer une esthétique “surréaliste” en tant que telle et sans ambages, et dans un sens plus rigoureux—c’est-à-dire pour désigner des méthodes de production automatiques). En France, les critiques comme les poètes me semblent également peu enclins à avouer que la production actuelle est encore sous l’ombre du surréalisme; aux Etats-Unis, le terme s’utilise le plus souvent d’une manière si vague qu’il perd toute utilité. Tout au plus, l’etiquette fait du tort aux poètes ainsi décrits: Passez un été à ne rien lire que les surréalistes, et vous comprendrez pourquoi. En somme, le surréalisme est une énormité insignifiante: aussi impossible à ignorer au’à ressusciter.
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Je peux dire avec une certitude totale que le style des poésies que j’écris n’a peut-être rien d’une libération ni d’une transgression de normes linguistiques, mais aussi un style méthodiquement réglé, un langage méticuleusement et intégralement construit, une écriture qui procède en partie selon des contraintes formelles données d’avance de manière absolument spontanée.
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poètes,
volte-face!
May 14, 08:06 by Alexander Dickow

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